06/06/2012

La Grèce en voie de tiers-mondisation

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Olivier DelaMarche : "Ca se terminera par une récession aux Etats-Unis"

11:30 Écrit par Junior dans l'Euro, U S A. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/05/2012

Quand va-t-on admettre que la Grèce est dans une impasse ?


Un taux de chômage qui approche les 22% (et 50% chez les jeunes), des salaires en baisse de 15 à 40%, un PIB qui aura baissé de près de 20%, la fuite d’un tiers des capitaux. Malgré tout, nos dirigeants veulent que la Grèce reste dans l’euromalgré les avertissements...
 
L’impasse européenne
 
On sous-estime terriblement les souffrances qui sont imposées au peuple grec, la somme d’humiliation de personnes qui perdent leur emploi, doivent quitter leur logement, partir habiter chez leurs parents, ces personnes, qui brutalement, perdent leur pouvoir d’achat et sombrent dans la pauvreté. La cure d’austérité que la Grèce s’inflige sur les conseils de l’Europe et du FMI est absolument monstrueuse et représente une honte qui pèsera longtemps sur l’image de l’Europe à Athènes.
 
Il ne faut pas oublier que l’ajustement budgétaire réalisé depuis trois ans équivaut à près de 8% du PIB, une somme colossale qui montre que si tout ne fonctionne pas bien en Grèce, le pays a fait des efforts considérables qu’il ne faudrait pas oublier. Malheureusement, cette austérité sauvage a bien logiquement provoqué un effondrement économique qui détruit une partie des efforts en baissant les recettes fiscales et alourdit la dette par rapport à un PIB réduit.
 
Le pire est que nous étions un certain nombre à prévenir du risque d’un tel scénario il y a plus de deux ans. Jacques Sapir le disait. Nicolas Dupont-Aignan l’a expliqué à l’Assemblée Nationale. C’est malheureux, mais nous avons eu raison. Il n’y a aucune joie ou satisfaction là-dedans, juste le sentiment d’un immense gâchis et la volonté de peser pour éviter que de nouvelles mauvaises décisions ne soient prises dans les semaines qui viennent, ce qui est encore parfaitement possible.
 
Quelle issue pour Athènes ?
 
 

Aujourd’hui, la situation de la Grèce est compliquée car le peuple ne veut plus de cette austérité inhumaine mais ne veut pas (encore ?) sortir de l’euro. La situation pour les législatives est très incertaine puisque Nouvelle Démocratie et Syriza semble au coude à coude. ND joue sur la peur de la sortie de l’euro pour essayer d’obtenir une majorité en faveur des plans européens et Syriza affirme qu’il ne souhaite pas sortir de l’euro mais propose un programme a priori incompatible.

 
La peur du retour à la drachme peut encore permettre aux vieux partis de l’emporter mais cette voie est sans issue, même si les plans d’austérité sont assouplis. Car même si les baisses de salaires et les baisses de dépenses publiques sont moins violentes, cela ne fera que ralentir la récession, pas l’arrêter. En outre, comment arrêter le bank run qui s’accélère et qui fait que 30% des capitaux ont fui le pays en deux ans et demi, rendant difficile le financement de l’économie…
 
Des transferts plus importants permettraient bien sûr d’adoucir la crise et résoudraient la crise de liquidité. Mais ce dont la Grèce a le plus besoin, c’est de faire redémarrer sa production. La dévaluation, si elle a des inconvénients, a démontré historiquement qu’elle permet de faire repartir l’économie, comme l’ont démontré Patrick ArtusNouriel Roubini ouJonathan Teppercontrairement aux balivernes du Monde. Bien sûr, il y aurait défaut mais qui croît que la Grèce remboursera sa dette ?
 

Il est proprement effarant que tant de personnes balaient d’un revers de main la solution d’une sortie de l’euro devant la qualité des études réalisées par des économistes sérieux (qui avaient en plus souvent prévu ce qui se passe aujourd’hui). La Grèce n’a pas d’avenir si elle reste dans l’euro.

http://www.gaullistelibre.com/2012/05/quand-va-t-on-admet...

08:22 Écrit par Junior dans l'Euro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/05/2012

Le Maroc ne veut pas le retour des Marocains du monde

Environ 100.000 Marocains résidant en Europe auraient décidé de retourner vivre et travailler au Maroc à partir de la prochaine rentrée scolaire. L’éventualité ne serait pas bien bien accueillie par le gouvernement Benkirane, qui considère que le retour des MRE n’est pas une option pour le pays en proie à une crise économique depuis 2011.

 

A terme, ce sont plus de 150.000 Marocains résidant en Europe, qui compteraient retourner définitivement au Maroc, afin de fuir la crise économique dans leurs pays d’accueil, depuis près de deux ans.

En Espagne, où le taux de chômage a atteint 25%, 40% des immigrés marocains sont sans emploi, selon des rapports relayés par des médias espagnols, lesquels estiment à plus d’un million le nombre deMarocains vivant dans la péninsule ibérique.

Le même constat a été dressé en Italie, où vivent plus de 550.000 Marocains dans la pauvreté, l’exclusion et l’absence totale d’opportunités de travail. Des témoignages qui nous parviennent d’Italie parlent de milliers de Marocains ayant atterri à la rue depuis le début de la crise. Nombre d’entre eux se sont tournés vers la vente ambulante ou la contrebande pour survivre.

Mais le retour définitif de ces Marocains d’Europe entraînerait trop de problèmes d’intégration, d’éducation et de santé, d’après des sources du ministère chargé de la Communauté Marocaine résidant à l’étranger.

http://www.bladi.net/retour-marocains-monde.html

19:33 Écrit par Junior dans l'Euro, le monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

Interdites par Madrid, trois télévisions « indignées » passent dans la clandestinité

Le gouvernement régional de Madrid tente de fermer trois télévisions associatives locales, pourtant protégées par la loi sur l’audiovisuel. Leur ton dissident, leur clair soutien au mouvement des « Indignés » et leur audience en forte progression ne plaisent pas. Tout en livrant une bataille juridique et politique, les télévisions ont décidé d’émettre à partir d’un lieu tenu secret.

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L’Athénée Républicain de Vallecas, le quartier historiquement « rebelle » de Madrid, de tradition ouvrière et communiste, est plein à craquer ce mercredi 16 mai à 20h. Les directeurs respectifs de trois chaînes de télévision locales à but non lucratif – Tele K, Canal 33 et Solidaridad TV – y ont convoqué une assemblée citoyenne. Le gouvernement régional de Madrid, dirigé par Esperanza Aguirre, affiliée au Parti populaire (PP, droite) vient de prendre la décision de leur interdire d’émettre depuis l’édifice Torre de Valencia où elles sont hébergées depuis des années. Sur le site de Tele K, une mire « Off line » s’affiche, pour la première fois en 19 ans.

Des concessions pour les amis du pouvoir

Ces télés sont jugées illégales par le gouvernement régional qui profite d’une faille juridique, les trois télés locales ne bénéficiant plus des concessions administratives ad-hoc. Celles-ci ont été attribuées en 2005 par ce même gouvernement, de façon arbitraire. Selon Enrique Riobóo, directeur de Canal 33, le gouvernement régional a favorisé un petit cercle de « pistonnés » proches du pouvoir.

C’est le cas de l’opérateur de TDT Teledifusión Madrid, qui fait partie du « cluster » audiovisuel du réseau Madrid Network. Un « partenariat public-privé » à la mode actuellement, chapeauté par le gouvernement de Madrid, la Chambre de commerce et… la Confédération des chefs d’entreprises, clairement opposée aux mouvements pacifistes de contestation. Lors de la répartition des licences, les trois télés « solidaires » sont restées sur la touche pour des raisons encore floues, le secrétaire général du Conseil du Gouvernement de la Communauté de Madrid n’ayant pas donné suite à nos demandes d’interview.

Menace de lourdes amendes

Le Sénat espagnol est cependant intervenu en 2007, amendant la loi qui protège les télévisions communautaires existantes, comme c’est le cas avec Tele K, Solidaridad TV et Canal 33. Problème : le précédent gouvernement du PSOE (Parti socialiste espagnol) n’a pas pris la peine de rédiger le décret subordonné à l’application de cette loi avant de quitter le pouvoir. C’est dans cette faille juridique que les conservateurs madrilènes se sont engouffrés pour faire taire les trois télés locales.

S’il y a débat juridique, il n’y a pas de dossier pénal contre les télés locales. Aussi, le gouvernement d’Esperanza Aguirre s’en prend directement à la communauté de propriétaires de la Tour de Valence, l’édifice qui abrite les télévisions, qu’elle menace d’une amende de 30 000 euros par jour si celle-ci s’obstine à héberger les équipements de diffusion des émissions présumées illégales. La date du démantèlement des équipements de diffusion n’a pas été confirmée.

Émettre dans la clandestinité

Puisque le gouvernement local a le pouvoir d’attribuer les concessions, pourquoi ne pas laisser Tele K, Solidaridad TV et Canal 33 déposer une requête pour l’obtenir ? Pour Enrique Riobóo et Paco Pérez (directeur de Tele K), la décision de fermer les télés locales est politique et non technique… « La TNT a été une belle arnaque, s’insurge Enrique Riobóo. Elle était sensée encourager la pluralité des canaux et nous sommes les premières victimes de restrictions arbitraires ! ». Depuis l’émergence du mouvement 15-M, le mouvement des Indignés espagnol, l’audience des trois télés locales a augmenté de façon exponentielle.

Leur ton critique envers le gouvernement d’Esperanza Aguirre et leurs images montrant l’ampleur réelle du mécontentement du peuple espagnol semblent avoir attiré les téléspectateurs. « Depuis la Tour de Valence, les télés locales peuvent atteindre pas moins de 6 millions d’auditeurs potentiels », fait remarquer Pedro de Alzaga, directeur adjoint de Cuarto Poder (« Quatrième pouvoir »), un autre média alternatif espagnol.

Citoyens et donateurs à la rescousse

Harcelés et asphyxiés économiquement, les trois télés locales ont décidé de réagir avec l’appui des mouvements sociaux du 15-M. Tele K et Canal 33 unissent leurs forces et leurs moyens pour continuer à diffuser leurs émissions depuis un lieu gardé secret. Les trois télés s’apprêtent à déposer une requête auprès des tribunaux pour que la Loi générale sur l’audiovisuel qui les protège soit reconnue et que la fermeture des émissions soit annulée. Voilà pour la résistance juridique.

La mobilisation citoyenne est également de mise : l’assemblée de Vallecas appelle à une manifestation pour le 29 mai. Les auditeurs se cotisent pour donner un peu d’oxygène aux équipes audiovisuelles (en 2011, les dons spontanés ont atteint la somme de 38 000 euros). L’autre objectif est de diffuser largement leur lutte auprès du grand public, des groupes parlementaires espagnols, des associations de presse, mais aussi d’organismes européens (les avocats des trois télés locales étudient la possibilité de permettre aux citoyens de déposer une plainte auprès des instances européennes).

Journalistes agressés

Tele K, Canal 33 et Solidaridad TV comptent sur l’appui des réseaux sociaux et celui des indignés de toute la planète pour dénoncer un cas manifeste d’atteinte à la liberté d’expression dans un état européen sensé être « démocratique ». Dans un contexte où les tentatives de censure contre la presse se multiplie.

Mi mai, le photographe Javier Zurita de l’agence de presse allemande Laif, a été agressé physiquement par des policiers alors qu’il couvrait un rassemblement à la Puerta del Sol. Javier Bauluz, du magazine on-line Periodismo Humano, a été frappé au visage par des policiers alors qu’il couvrait une expulsion de logement. Bienvenue dans l’Europe de l’austérité démocratique !

Photo : © Javier Bauluz

http://www.bastamag.net/article2404.html

17:51 Écrit par Junior dans l'Euro, le monde, Les indignés | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

Olivier Delamarche : "Sortons la Grèce de l’Euro"

17:42 Écrit par Junior dans l'Euro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/05/2012

Le coup d’oeil de Pierre Jovanovic

Avril 2012

01:53 Écrit par Junior dans l'Euro, le monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/05/2012

Rendre au peuple sa démocratie

Cela complete la derniere vidéo que j'ai mis de lui sur cette meme conférence à Lyon.

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

Partie 4 :

Partie 5 :

>

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Rendre-au-peuple-sa...

19:14 Écrit par Junior dans l'Euro, le monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

A Francfort, les marchés financiers se barricadent face aux mouvements sociaux européens

Ce week-end, des milliers de manifestants venus de toute l’Europe envahiront les rues de Francfort, épicentre des marchés financiers européens, pour contester les politiques d’austérité et le futur « Pacte budgétaire ». Après la victoire de la gauche radicale en Grèce, les mouvements sociaux tournent leur regard vers les Irlandais qui devront se prononcer sur le Pacte budgétaire par référendum le 31 mai. Face au néolibéralisme des institutions européennes, la riposte transcende les frontières.

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Le quartier d’affaires de Francfort, haut-lieu de la finance allemande et européenne, se barricade. La banque Barclays y a démonté le sigle qui orne sa façade. L’immeuble de la Commerzbank, l’une des plus hautes tours d’Europe, est fermé. Tout autour, les agences bancaires, mais aussi la Bourse allemande et la Banque centrale européenne (BCE) se sont claquemurées. De qui ont-ils peur ? Des mouvements sociaux qui appellent à l’occupation du quartier des banques et de la BCE du 17 au 19 mai. « La manifestation du 19 mai est autorisée suite au recours déposé par Attac Allemagne contre l’interdiction des autorités. On a au moins gagné ça », lâche Verveine Angeli, membre d’Attac France et de l’Union syndicale Solidaires. « En revanche, les dizaines d’indignés qui campaient depuis octobre devant la BCE ont été délogés mercredi ».

Le 16 mai, le tribunal administratif de Francfort a décidé l’évacuation du camp « Occupy Francfort », en assurant qu’ils pourraient regagner leurs tentes à partir du 20 mai. « Les manifestants qui arrivaient à la gare ont été directement arrêtés en masse, contrôlés un à un, et se sont vus remettre un ordre d’interdiction de présence dans le centre-ville jusqu’à vendredi soir », témoigne Florent Schaeffer, du réseau altermondialiste Ipam. Par leur réaction sécuritaire et les atteintes aux libertés, les autorités allemandes semblent prêtes à tout pour protéger la BCE et les banques qui profitent de ses généreux prêts.

Des banques qui arnaquent les États avec l’aide de la BCE

Pour les mouvements sociaux, la BCE est une des trois composantes de la Troïka, avec le Fonds monétaire international et la Commission européenne, qui généralisent les politiques d’austérité en Europe « La BCE ne prête pas directement aux États mais aux banques privées, pour presque rien », explique Verveine Angeli. « Celles-ci prêtent à leur tour aux États les plus endettés à des taux prohibitifs ». Fin 2011 et début 2012, la BCE a inondé les banques privées européennes avec des prêts s’élevant à 1000 milliards d’euros sur trois ans, au taux amical de 1 %. Des sommes faramineuses qui sont en partie prêtées aux États qui payent des taux d’intérêt de 2 à 8 fois plus élevées ! « C’est un symbole, les banques ont créé la crise, mais ces banques la font payer aux peuples. »

A l’initiative de cette mobilisation, des mouvements de type Occupy, Attac Allemagne, la gauche radicale, des organisations politiques allant de l’extrême gauche à Die Linke, mais aussi des comités citoyens de lutte contre l’austérité.« Le fait que l’on assiste à une contestation du modèle allemand de l’intérieur est très significatif, ajoute Verveine Angeli, alors même qu’on essaie de faire de l’Allemagne la référence en Europe » (lire aussi notre entretien avec Birgit Mahnkopf, d’Attac Allemagne).

Pacte budgétaire : l’austérité à perpétuité

Jusque là, très peu de mobilisations ont été organisées face aux institutions européennes, grèves et manifestations prenant pour cible les gouvernements grec, espagnol ou portugais. « Cette mobilisation à Francfort est aussi une réponse à ce niveau là, renchérit Verveine Angeli. On a besoin de mobilisations nationales fortes s’articulant à des mobilisations européennes, y compris pour que les gens se rencontrent. » Au niveau européen, seule la Confédération européenne des syndicats (CES) avait marqué dès janvier 2012 sa désapprobation au nouveau traité européen, également appelé « Pacte budgétaire », mais sans un grand appui populaire. « Ce Traité rassure peut-être les amis politiques de la Chancelière Merkel, mais sûrement pas les millions de chômeurs, de travailleurs pauvres et précaires en Europe, qui attendent en vain un véritable soutien de la part des institutions européennes. C’est pourquoi nous y sommes opposés », explique Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES.

En quoi consiste cet obscur Pacte budgétaire ? Le 1er mars dernier, 25 chefs d’États sur 27 [1] ont signé un nouveau traité, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire (TSCG), qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013. Ce traité, dénommé « Pacte budgétaire », est présenté comme un remède à la crise par les gouvernements européens et la « Troïka ». Il prône la discipline budgétaire et un contrôle plus étroit des finances publiques via l’introduction dans les pays membres de la « règle d’or ». Le Pacte budgétaire impose ainsi aux États signataires d’engager des réformes immédiates pour réduire leur « déficit structurel » [2] sous la barre de 0,5 %. Un concept fortement controversé qui n’a de sens que dans une optique néolibérale.

L’équivalent de dix réformes des retraites en France

Le Pacte budgétaire met l’accent sur la réduction des dépenses, comme s’il s’agissait de la seule méthode envisageable. Ce n’est pas nouveau. En mars 2011 déjà, les gouvernements européens adoptaient le Pacte pour l’euro qui stipule que l’« équilibre des finances publiques » présuppose des coupes drastiques dans les retraites, les dépenses de santé et allocations sociales (lire notre analyse). « Ce pacte budgétaire représente un moyen de contraintes a priori sur les politiques de dépenses des États, et du coup sur toutes les politiques publiques, relève Verveine Angeli. Il pèse de façon importante et sur le long terme sur ces politiques. » Ou comment tirer une croix sur tout levier budgétaire pour financer une transition écologique et sociale.

Pour la France, le déficit total était prévu à 5,7 % du PIB en 2011, pour un déficit structurel calculé à 3,8 % du PIB. En application du Pacte budgétaire, il faudrait donc réduire le déficit de 3,3 points, soit 66 milliards d’euros ! En comparaison, selon le projet de budget du gouvernement, la réforme des retraites aurait permis de réduire les dépenses publiques à hauteur de 7 milliards en 2012. Il s’agirait donc approximativement d’effectuer l’équivalent d’une dizaine de réformes des retraites. Les États qui ne s’y soumettraient pas devront payer des amendes significatives, à hauteur de 0,1 % du PIB (ce qui représente pour la France 2 milliards d’euros environ). Ce Pacte budgétaire s’articule avec le Mécanisme européen de stabilité (MES), antidémocratique et jouant le jeu des marchés et de la spéculation financière (lire notre analyse du MES).

La croissance, pour quoi faire ?

François Hollande réclame une renégociation du traité de discipline budgétaire, pour y ajouter des mesures de croissance. « Qu’elle soit fondée sur la dépense publique et la demande ou sur la compétitivité par l’abaissement du coût du travail et les "réformes structurelles" (selon la vision d’Angela Merkel), la croissance en soi n’est aucunement un gage de progrès social et encore moins environnemental »souligne Attac France. « La croissance est un problème, pas une solution », affirme de son côté Pierre Rabhi, paysan-philosophe. « Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. »

Cette « croissance » ne serait par ailleurs en rien suffisante pour résorber les dettes publiques. Plusieurs organisations prônent notamment l’engagement d’une réforme fiscale de grande ampleur et le besoin de sortir les États de la dépendance des marchés financiers en leur permettant d’emprunter directement à la BCE à des taux faibles. « Une croissance est possible, souligne Verveine Angeli, celle de la reprise du fonctionnement des services publics en Grèce pour remettre le pays à flots ».

De la Grèce à l’Irlande, la contestation progresse

Un appel d’air pourrait venir de l’Irlande. Les Irlandais sont invités à se prononcer par référendum sur le traité le 31 mai. Or, le Pacte budgétaire n’entrera pas en vigueur tant que 12 des 17 États de la zone euro ne l’auront pas ratifié. Et le « oui » n’est pas sur de l’emporter en Irlande. D’après un sondage du 17 mai, un tiers des électeurs irlandais n’ont pas encore fait leur choix, et 37 % des personnes interrogées prévoient pour le moment de voter « oui ». Par le passé, l’Irlande a rejeté à deux reprises des traités européens, Nice en 2001 et Lisbonne en 2008.

A l’autre bout de l’Europe, en Grèce, le succès remporté par Syriza, coalition de mouvements politiques de gauche, lors des législatives du 6 mai constitue également un événement de taille face aux politiques de la Troïka. « A la faveur de ce qui se passe en Grèce, et des reculs de Merkel au niveau électoral, il y a semble t-il une ouverture dans le débat public qui n’existait pas jusqu’à maintenant, analyse Verveine Angeli. Désormais on peut interroger l’efficacité de l’austérité appliquée en Grèce. » L’ouverture d’un débat, inimaginable il y a quelques mois, est désormais envisageable. Mais cela suppose d’établir des passerelles entre l’ensemble des mouvements. Pour Verveine Angeli, « malgré le changement de gouvernement en France, notre sort ici est tout autant lié à ce qui va se passer en Grèce demain, qu’à ce qui se joue strictement en France dans les prochaines semaines. »

Sophie Chapelle

http://www.bastamag.net/article2397.html

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Rencontre avec Piero San Giorgio

17:47 Écrit par Junior dans l'Euro, le monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/05/2012

Interview Pierre Rabhi

« Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire »
« La croissance est un problème, pas une solution »

 

source : http://www.bastamag.net/article2370.htm

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