06/12/2011

Sarkozy : champion toutes catégories de la dette

Petit rappel utile sur le rôle de Sarkozy et de ses précedesseurs dans l'endettement de la France, passée gaiement de 100 à 1600 milliards en 30 ans.

 

 

 

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Derrière la crise de la dette européenne, on sent poindre la crise de nerfs des politiques schizophrènes qui l’ont causé et qui –comment pourrait-il en être autrement ? – se montrent incapables de la juguler autrement que par de nouveaux expédients.

 

Qualifier Frau Merkel de Bismarck comme l’a fait le sémillant Montebourg, est non seulement inepte mais injuste s’agissant du respect du Traité. En particulier à la lumière du cauchemar que constitue pour nos amis allemands, la cicatrice encore douloureuse de Weimar. 

 

Non, non Sarko Ier n'est pas Daladier

 

Certes la Gauche française ne partage pas équitablement avec la Droite, la responsabilité de la situation quasi inextricable dans laquelle est plongée le pays. Depuis 1978 l’endettement annuel par rapport au PIB à augmenté de 1,2% sous la Gauche et de 2,8% sous la Droite. Elle n’en serait pas moins bien inspirée de revoir ses cours d’histoire contemporaine : Daladier qui rentrait de Munich le pantalon encore sur les chevilles, avait à ce point conscience de son renoncement qu’il avait donné ordre au pilote de son avion de tourner un moment au dessus du Bourget. Le benêt pensait que la foule – en liesse, il le comprendra en posant le pied sur le tarmac – était logiquement venue lui faire un mauvais sort pour sa capitulation sans condition en compagnie de son comparse Chamberlain.  

 

Contrairement à Daladier, Sarkozy lui, ne renonce pas. En particulier à faire avaler aux naïfs qui lui prêtent encore une once de crédit, des couleuvres de taille hors normes. 

 

Sarko 1er en parangon de vertu budgétaire, c’est en effet non seulement ridicule mais presque indécent.

 

 Flash back : de 1981 à la fin du 1er semestre 2011, la dette nationale est passée de 110,1 milliards d’euros à 1 692,7 milliards d’euros (source : Insee – Dette totale des administrations publiques au sens de Maastricht). En % du PIB et d’après la même source, ça donne 22% en 1981 et 86,2% à la fin du premier semestre 2011 !  

 

 

A bas Maastricht, vive la faillite

 

Mitterrand, Chirac et Sarkozy, leurs Premiers Ministres et leurs ministres du Budget ont tous sans exception laisser filer la dette en valeur. Tellement simple et indolore ! Il y avait d’autant moins de raison de s’abstenir d’y recourir massivement pour boucler les fins de mois des fonctionnaires et entretenir la fiction d’être encore une grande puissance qu’avec une certaine réussite, la signature française – recherchée - a permis au moins jusqu’en 2005, de creuser le trou à des taux d’intérêt qui n’augmentaient pas…

 

De manière assez anecdotique, c’est sous le gouvernement de Lionel Jospin (2 juin 1997 – 6 mai 2002) qu’on a pu observer pour la première fois une baisse relative de l’endettement en pourcentage du PIB (de 59,6% à 59,1%). Laquelle fut suivie d’un nouveau coup de booster de Jean-Pierre Raffarin              (6 mai 2002 – 31 mai 2005) qui, pour les annales, explosera le « plafond de Maastricht » fixé à 60% du PIB (elle passe de 59,1% en 2002 à 66,8% en 2005). 

 

Son successeur Dominique de Villepin (31 mai 2005 – 15 mai 2007) s’emploiera un temps à refroidir le moteur (66,8% en 2005 à 64,2% en 2007) avant la remise des gaz par un François Fillon gonflé à bloc et amateur de grosses cylindrées (64,2% en 2007 à 86,2% fin juin 2011) qui se payera même le luxe du cynisme en évoquant « la faillite » …   

 

 L’analyse plus précise de cette cavalerie perpétuelle (on parle aujourd’hui tout au plus d’un arrêt de la progression de l’endettement ; pas sérieusement de sa réduction faute de croissance, sauf à vraiment se moquer du monde) révèle hélas, pour le cavalier favori de Frau Merkel, l’étendue de la mystification à laquelle il se livre en adoptant une posture de père la rigueur. 

 

Quand le ministre Sarkozy creusait le déficit

 

La progression la plus rapide de la dette nationale est en effet à mettre à l’actif de Nicolas Sarkozy himself ; d’abord en tant que Ministre délégué au Budget de l’illustre Balladur (elle passe de 41% en mars 1993 à 51% en mai 1995 soit +5% par an ! ) ; ensuite, same player shoot again, comme timonier en chef depuis son élection à la fonction suprême, période qu’il « met à profit » pour porter l’endettement du pays au niveau qu’il juge aujourd’hui insupportable :  de 64,2% à 86,2% en 4 ans et demi ! 

 

Les dirigeants politiques européens de tous bords ont largement contribué à jeter l’Europe dans la crise. D’abord en poussant la dette au delà du supportable. Ensuite en laissant le secteur financier donner libre cours à sa cupidité sans bornes. Aujourd’hui ils n’ont plus qu’un seul refrain à la bouche : permettre à la BCE d’imprimer de la fausse monnaie afin de « monétiser »  autrement dit racheter ces montagnes de dettes ou à tout le moins les garantir.

 

Dans son agacement qui confine à un début de panique, Nicolas Sarkozy oublie d’ailleurs opportunément que l’article 121 du Traité d’Union comprend quatre critères de convergence et non pas les deux seuls (déficit budgétaire inférieur ou égal à 3% et dette totale inférieure ou égale à 60% du PIB) dont on nous rabat quotidiennement les oreilles. 

 

 

Et mon inflation alors?

 

Etrangement, plus personne n’évoque la maîtrise de l’inflation (pas plus de 1,5% au dessus des prix observés dans les 3 états les plus vertueux) et des taux d’intérêt (qui ne doivent pas être supérieurs de plus de 2% à ceux observés dans les trois états enregistrant les meilleurs performances en matière de stabilité des prix).

 

Gageons que lors de leur prochain langoureux tête à tête,  Frau Merkel, alias « le Bismarck inflexible de l’indépendance de la BCE » se fera un plaisir de rappeler à Nicolas Sarkozy, ces quelques lignes (source documentation INSEE : « La Dette Publique en France : la tendance des vingt dernières années est-elle soutenable ? ») :

 

« …le risque inflationniste est certes réduit quand la banque centrale est indépendante ou si la politique monétaire est décidée au niveau d’une union monétaire, et non de chaque état, comme c’est le cas actuellement au sein de la zone euro. Le risque inflationniste n’est cependant pas totalement exclu. En effet chaque état peut être tenté d’adopter un comportement non coopératif ( !) : les dépenses publiques d’un état peuvent lui procurer un bénéfice individuel direct via une croissance plus forte, en faisant supporter à l’ensemble de la zone monétaire, le coût diffus d’une augmentation à terme de l’inflation. Par ailleurs, si un état laisse augmenter sa dette dans des proportions excessives ( !) la banque centrale pourrait être tentée d’intervenir pour empêcher la banqueroute de cet état… » 

 

 

Woodward et Newton

bakchich.info

20:36 Écrit par Junior dans France | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

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