30/11/2011

Londres menace Téhéran de graves conséquences après l'attaque de son ambassade

Capture.PNGLe ton monte entre la Londres et Téhéran, après l'attaque, mardi 29 novembre de deux complexes diplomatiques britanniques, dont l'ambassade de Grande-Bretagne dans la capitale iranienne, de la part de manifestants qui protestaient contre les sanctions décidées par Londres à cause de son programme nucléaire controversé. 

"Nous tenons le gouvernement iranien responsable en raison de son incapacité à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre ambassade, comme il est tenu de la faire", a déclaré le chef de la diplomatie, William Hague. "Il y aura assurément d'autres conséquences graves", même si aucun membre du personnel diplomatique ne manque à l'appel, a ajouté le secrétaire au Foreign Office. Londres a demandé à tous ses ressortissants en Iran "de rester chez eux" et "d'adopter un profil bas". 

En début d'après-midi, des dizaines de manifestants ont escaladé le mur d'enceinte du parc et brisé les vitres de la chancellerie avant d'y pénétrer et de jeter des objets par les fenêtres, selon des images de la télévision d'Etat. Ils ont ensuite enlevé le drapeau britannique pour le remplacer par le drapeau iranien, a constaté un journaliste de l'AFP. Les manifestants ont également brûlé des drapeaux britanniques et israéliens, selon la télévision d'Etat. 

Les forces anti-émeutes qui protégeaient l'ambassade ne sont pas intervenues pour empêcher cette attaque qui s'est produite alors que plusieurs centaines de manifestants, qualifiés d"étudiants" par la télévision, étaient rassemblés devant la mission diplomatique pour réclamer sa fermeture et l'expulsion "immédiate" de l'ambassadeur. Plusieurs dizaines de policiers en tenue anti-émeute ont finalement pénétré à leur tour dans l'enceinte de l'ambassade pour leur faire évacuer les lieux, selon les images de la télévision. 

Après cette évacuation, le chef de la police de Téhéran, le général Hossein Sadjadi-Nia, est venu personnellement devant l'ambassade britannique pour demander aux manifestants toujours présents "de mettre fin à leur rassemblement". Mais en début de soirée, les manifestants sont entrés une deuxième fois dans l'ambassade pour y brûler des documents avant d'être définitivement évacués. 

Moins d'une heure plus tard, quelque deux cents étudiants de la milice islamiste des bassidjis ont pénétré dans un deuxième complexe diplomatique britannique dans le nord de Téhéran, a rapporté l'agence officielle Irna. La police anti-émeute s'est déployée en début de soirée devant l'entrée du site pour "mettre fin à la manifestation", selon les médias iraniens. 

VIVES TENSIONS BILATÉRALES 

Selon la correspondante du Financial Times en Iran, ces événements sont survenus dans le cadre d'une manifestation à laquelle participaient 300 à 500 personnes pour marquer le premier anniversaire de l'assassinat du scientifique iranien Majid Shahriyari. Les services de renseignement israélien et occidentaux sont soupçonnés être derrière cet assassinat. 

Bien que la Grande-Bretagne ait toujours nié toute implication dans cet assassinat, elle est considérée par les Iraniens les plus radicaux comme le chef de file des ennemis étrangers de l'Iran. Les tensions se sont à nouveau cristallisées après la décision de la Grande-Bretagne, comme d'une grande partie de la communauté internationale, de prendre des sanctions contre la République islamique à la suite de la publication, le 8 novembre, d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui établit que l'Iran travaille à la conception d'une bombe nucléaire. L'Iran a rejeté les conclusions du document, le jugeant "politique". 

Les attaques contre sa représentation diplomatique sont les plus violentes depuis celle de l'ambassade américaine par des étudiants iraniens en 1980, qui avaient pris en otage 52 diplomates pendant 444 jours et avait entraîné la rupture des relations entre Téhéran et Washington. Comme alors, les manifestants ont qualifié l'ambassade britannique de "nid d'espions" et ont affirmé y avoir trouvé des "documents confidentiels d'espionnage". 

"INACCEPTABLE" POUR LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE 

De hauts responsables britanniques "se sont entretenus avec le chargé d'affaires iranien à Londres pour demander instamment aux autorités iraniennes d'agir au plus vite afin de reprendre le contrôle de la situation et protéger notre enceinte diplomatique, comme elles sont tenues de le faire par les conventions internationales", a indiqué le Foreign Office dans un communiqué, "scandalisé" par "l'intrusion inacceptable" des manifestants dans son ambassade à Téhéran. 

L'Union européenne et plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Russie, la France et l'Italie, ont également fermement condamné l'attaque "inacceptable" contre la mission britannique, que les Occidentaux ont indiqué vouloir porter devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier a immédiatement réagi, en condamnant "dans les termes les plus sévères" cette attaque. 

Dans un communiqué publié par l'agence Mehr, le ministère des affaires étrangères iranien "exprime ses regrets pour le comportement inacceptable d'un petit nombre de manifestants en dépit des efforts de la police", et affirme avoir "demandé aux autorités de prendre immédiatement les mesures nécessaires" pour mettre fin à l'occupation de l'ambassade.
 
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08:45 Écrit par Junior dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

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